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Les petites histoires de Paul

Les petites histoires de Paul

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"Bien à toi, Karl" (suite du "Noël de James")

"Bien à toi, Karl" (suite du "Noël de James")

Mes chers lecteurs,

Vous l'attendez sûrement et j'ai mis du temps à l'écrire mais la voici : la suite du "Noël de James" ! 3... 2... 1... LISEZ !!

 

 

 

Introduction

 

James Fergusson est quelqu’un de solitaire. Originaire des Etats-Unis, il émigre en France à l’âge de 23 ans. Il est reporter dans un petit journal parisien. Maintenant, il a 52 ans et a pris une retraite anticipée pour pouvoir se retirer dans un coin de France : le Loir-et-Cher. Ayant hérité de plusieurs millions d’euros à la mort de son oncle, il peut vivre aisément jusqu’à la fin de ses jours. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est se balader sur le chemin des feuilles dans le bois de l’Oratoire. Le bois de l’Oratoire est un bois de Vendôme et le chemin des feuilles est un parcours balisé au cœur du bois. C’est également un enquêteur hors pair, qui a la mauvaise habitude de tomber sur des cadavres assez régulièrement.

 

1

 

08/01/2017– Domicile de Fabrice Gorgel – Centre-ville de Vendôme

La sonnerie fit un bruit strident. Après quelques instants, la porte s’ouvrit sur un homme fatigué. Gorgel avait prit plusieurs coups de feu et malgré la présence de son gilet pare-balles, il avait eu de terribles séquelles car le gilet n’était pas très efficace contre les balle de kalachnikovs. Mais il avait survécu. Gorgel est vraiment un homme fort.

« Bonjour, comment ça va ?

- Ce n’est pas la grande forme mais je reprends du poil de la bête. Je ne vais pas me laisser abattre. Sans jeu de mots.

- Je suis heureux que vous alliez mieux. Il va vous falloir quelques forces pour traquer Karl Mitchel.

- Je sais. Entrez, il fait froid. »

James entra et ils poursuivirent leur conversation dans le salon. Gorgel prit la parole en premier :

« J’ai déjà fait quelques recherches au sujet de notre homme.

Je suis tout ouïe.

- Après quelques jours passés à mouliner dans le vide, j’ai découvert, à l’aide de mes contacts dans les autres brigades de police, que Mitchel est descendu dans un hôtel de Tours la semaine où il a fait assassiner votre voisine et que toute cette histoire morbide a débuté. Je propose que nous y allions aujourd’hui. J’ai réservé deux chambres mitoyennes dans un autre hôtel, pour cette nuit. Etes-vous partant ?

- A cent pour cent ! »

Ils prirent la voiture de James. Durant l’heure de trajet, ils n’échangèrent pratiquement pas un mot. Puis après un bon repas dans une pizzeria de Tours, ils se dirigèrent vers l’hôtel où Mitchel était descendu. Ils regardèrent puis embarquèrent les vidéos des caméras de surveillance, posèrent des questions et inspectèrent la chambre où Karl avait séjourné. Ils passèrent la nuit à tout éplucher, à tout revoir. Mais ça ne menait à rien, strictement rien. Ils rentrèrent donc bredouille sans même l’ombre d’une piste.

Deux jours après, alors que James était chez lui en train de ressasser ce qu’il avait pu rater, le téléphone fixe sonna. Il regarda l’écran. Il reconnut tout de suite l’indicatif du numéro qui s’affichait.

 

2

 

08/01/2017– Domicile de James Fergusson

Le téléphone vibrait dans la main de James. Les Etats-Unis. Ils n’avaient pas eu de contact avec quelqu’un de là-bas depuis très longtemps. Il décrocha et parla en anglais :

« Bonjour, qui est-ce ?

- Salut James. C’est ta sœur.

- Oh. Je suppose que si tu m’appelles, ce n’est pas pour m’annoncer une bonne nouvelle.

Effectivement. Je n’aime pas te l’annoncer ainsi mais papa est mourant. Il ne lui reste que quelques jours à vivre, peut-être quelques heures.

- Tu voudrais que je vienne ?

- S’il te plait.

- Je prends le premier avion.

- Promis ?

- Promis.

L’appel est surtaxé je te laisse. A très bientôt.

- A très bientôt. »

Cette nouvelle le choqua. Il eut un réflexe bizarre : il appela Gorgel. Il avait fini par l’apprécier et le trouver sympathique. Durant leur brève conversation téléphonique, James décida de ne pas convier Gorgel à le suivre. Ce dernier était encore secoué par la balle qui l’avait touché quelques semaines auparavant.

 

 

 

3

 

09/01/2017– USA

Les services de l’immigration américains étaient particulièrement tenaces. James n’est pas du tout paranoïaque, il avait emmené son arme avec lui. Il avait tous les papiers nécessaires, mais il a passé près de 2 heures avec les policiers. Maintenant qu’il était sorti de l’aéroport, il prit un taxi pour rejoindre la villa familiale.

A son arrivée, sa sœur se précipita sur lui. C’était un fait grandement inhabituel : les manifestations d’affection dans la famille de James. Elle éclata en sanglots.

 

10/01/2017 – un cimetière, aux USA

 

La cérémonie fut très émouvante, mais James n’arrivait pas à pleurer. Etrangement, il n’avait pas de particulière tristesse dans son cœur. Passé l’éloge de son père à l’église, la maigre assemblée réunie pour l’occasion se dirigea à une centaine de mètres de là : le cimetière. Après un second éloge, la quasi-totalité des personnes présentes déposèrent des fleurs sur la tombe. James décida de passer le dernier. Au bout d’un moment, un homme plutôt grand, les cheveux bruns, et la barbe rasée de près, fit un signe de la main à James. Juste après, l’inconnu déposa un bouquet sur la tombe et partit d’un pas pressé. James se précipita sur les fleurs de l’inconnu. Il y avait une carte :

 

 

Cher James,

Tu ne m’as sûrement pas reconnu. Avec l’âge et je l’admets, un peu de chirurgie esthétique, je suis méconnaissable, Toutes mes condoléances pour ton père. Je trouve que ce salopard n’a pas assez souffert… Ce n’est que mon appréciation personnelle ! A ton retour en France, tu trouveras quelques documents dans ta boîte aux lettres. Juste de quoi prouver que ton père faisait chanter le mien. Du coup, une question se pose : qui sont les gentils, qui sont les méchants ?

Bien à toi.

K.

 

 

 

 

 

 

 

4

 

12/01/2017– Domicile de James Fergusson

Le surlendemain des obsèques, James était déjà rentré chez lui. A peine avait-il posé ses bagages dans l’entrée de sa maison qu’il retourna dehors, attisé par une forte curiosité. Récupérant ses clés dans sa poche, il ouvrit la boîte aux lettres. Il y avait diverses lettres (des factures, youpi !) et un paquet. Il prit le colis, se rua à l’intérieur de sa maison et se dirigea vers la cuisine. Là, il prit un couteau et il coupa le gros scotch fermant le paquet. A l’intérieur de celui-ci, il trouva des dizaines de documents : des relevés de compte, des factures et divers documents financiers…

Il lut tous les papiers, un par un. Quand il prit conscience de ce qu’il avait sous les yeux, il en resta pantois. Il se rendit compte que (il ne fut pas fier de dire ça) Karl Mitchel avait raison. D’ailleurs ce dernier avait laissé un mot manuscrit avec l’amas de documents :

 

Cher James,

Je te repose la question : qui sont les gentils, qui sont les méchants ? Réponds-moi.

Bien à toi.

K.

 

 

 

12/01/2017– Domicile de Fabrice Gorgel – Centre-ville de Vendôme

Gorgel ouvrit la porte et James vit tout de suite que l’état de son acolyte s’était amélioré. Quant à Gorgel, il avait vite deviné que son ami était troublé. James entra et commença à parler :

« Vous ne devinerez jamais. Mitchel avait raison. Tous ces papiers (il tendit le bras pour montrer la liasse de papiers à Gorgel) prouvent que mon père a bien fait chanter son père, sûrement jusqu’au suicide. C’est horrible. Je ne sais plus trop où j’en suis. J’ai toujours cru que la famille Mitchel se trompait et que mon père était totalement étranger au suicide du père de Karl.

- Je comprends que vous soyez troublé.

- En plus d’être troublé, je suis dégoûté. J’ai toujours refusé de croire que mon père était un salaud au point de mener quelqu’un vers la mort.

- Maintenant, rien n’excuse le meurtre de votre voisine et la tentative de meurtre sur nous-mêmes. Nous allons quand même continuer l’enquête.-

- Evidemment.

- Que pensez-vous de l’attaque du fourgon ?

- Je me dis que vous avez eu beaucoup de chance. Vous auriez pu y rester.

- C’est vrai. Mais je me demande si les bandits voulaient vraiment me tuer.

- Vous pouvez développer ?

Désolé, mais ce n’est qu’à l’étape d’intuition. Je me dis qu’il est quasiment impossible de réchapper à une telle attaque.

- C’est vrai que c’est étrange. Un thé ?

- Je veux bien, s’il vous plait. »

Et ils prirent un thé en parlant de diverses choses sans importance…

5

 

13/01/2017– Domicile de James Fergusson

Le lendemain de cet après-midi riche en politique et en biscuits, James se sentait revigoré. Il ne cessait de réfléchir, certes, mais il avait prit du recul dans la nuit et ses efforts de concentration restèrent fixés sur la traque de Karl Mitchel. Une question restait néanmoins omniprésente dans son esprit : pourquoi n’avait-il pas été touché lors de la fusillade d’il y a quelques semaines ? Il ne trouvait pas de réponse. Au vu des messages de Karl, ce dernier voulait qu’il meure. Bizarre…

Malheureusement, au soir, le regain d’énergie du matin s’était estompé et il broyait à nouveau du noir. Après une heure, il décida de sortir manger au restaurant, espérant retrouver un peu de légèreté dans ses pensées. Mais c’était peine perdue. Son esprit tournait à plein régime. Pourquoi n’était-il pas mort dans la camionnette ? Pourquoi ?

Après un rapide passage sur son smartphone, il repèra un restaurant pas mal et il se dirigea vers lui à pied, malgré les quatre kilomètres qui le séparait de ce dernier. Marcher lui faisait du bien.

Après une centaine de mètres, il entendit un ronflement de voiture et puis plus rien.

 

A SUIVRE…

 

 

Voilà j'essaierai d'être plus rapide pour la suite. Je voulais vous dire que le blog prend des vacances et que le prochain article sera publié le lundi 07/08 avec le rythme normal (lundi et jeudi). Bonnes vacances !

Paul, votre écrivain dévoué