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Les petites histoires de Paul

Les petites histoires de Paul

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Le Noël de James Fergusson

Le Noël de James Fergusson

 

Introduction

 

J

ames Fergusson est quelqu’un de solitaire. Originaire des Etats-Unis, il émigre en France à l’âge de 23 ans. Il est reporter dans un petit journal parisien. Maintenant, il a 52 ans et a pris une retraite anticipée pour pouvoir se retirer dans un coin de France : le Loir-et-Cher. Ayant hérité de plusieurs millions d’euros à la mort de son oncle, il peut vivre aisément jusqu’à la fin de ses jours. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est se balader sur le chemin des feuilles dans le bois de l’Oratoire. Ce bois se situe à côté de Vendôme et le chemin des feuilles est un parcours balisé au cœur du bois. C’est également un enquêteur hors pair, qui a la mauvaise habitude de tomber sur des cadavres assez régulièrement.

 

 

 

1

19/12/2016 – Domicile de James Fergusson

J

ames commença à emballer les cadeaux qu’il venait d’acheter au supermarché du coin. Bientôt Noël ! Il chérissait particulièrement cette période de l’année. Son plaisir résidait dans le fait d’apporter de la joie aux autres. Les marchés de Noël étaient aussi très agréables. Tout le monde était heureux, sans différence d’âge ou de classe sociale. Quand il pensait qu’il avait failli ne pas pouvoir fêter Noël dans de bonnes dispositions…

 

 

 

2

08/12/2016 – Domicile et voisinage de James Fergusson

C

ette nuit, la neige était tombée à gros flocons. James déblayait le perron de sa maison : une mauvaise chute était si vite arrivée ! Alors qu’il avait presque fini, une voix l’interpella :

« M Fergusson, aidez-moi, Patapouf a disparu ! »

James comprit vite que sa chère voisine (en toute ironie) avait perdu son chat. Mon Dieu que cette femme pouvait l’agacer, elle avait le don de plomber le moral des gens. Elle passait son temps à se plaindre, à gémir qu’elle avait mal ici ou là. En résumé, Anne Thulle était énervante. Si son chat avait eu la chance de s’enfuir, James n’aurait pas le même privilège :

« Mme Thulle, quelle joie de vous voir ! dit James, grand sourire. Comment allez-vous ?

- Ça ne va pas du tout. Mon cher félin, Patapouf, a été enlevé.

- Il est peut-être parti chasser.

- Ce feignant ne sort jamais de la maison. Je m’obstine à vous dire qu’il n’est pas parti de son plein gré.

- Oseriez-vous supposer que l’on aurait enlevé votre gros chat ?

- Il n’est pas gros !

- Excusez-moi de la confusion. Il est moelleux ?

- Il n’est ni moelleux ni gros. Ce n’est pas parce qu’il ne sort jamais qu’il est enveloppé.

- Bien sûr, vous avez tout à fait raison.

- Je sais. J’ai eu vent de vos prouesses avec la police de Vendôme. Pourriez-vous enquêter sur la disparition de mon chat ?

- Mais bien sûr. Il me faudrait une photo, s’il vous plait.

- Je vais vous chercher ça tout de suite. »

La voisine partit d’un pas rapide vers sa maison, y entra, puis revint cette fois en courant, la photo à la main :

« Voilà, regardez-le. Il est tellement mignon, mon petit chéri. Retrouvez-le, je vous en prie !

- Mais oui je vais le retrouver, votre chat, ne vous inquiétez pas, il sera blotti contre vous avant le crépuscule !

- Merci. Oh mon dieu, mon pauvre Patapouf ! Dehors par un tel froid, ce n’est pas une vie pour un chat. »

James profita du répit causé par les lamentations de sa voisine pour se retirer. Quel drame faisait-elle pour un chat qui sétait échappé et qui rentrerait de son plein gré. Mais bon, Mme Thulle avait toujours été très émotive. Aussi émotive qu’agaçante, rendez-vous compte la pauvre vie de ce malheureux chat, pensa James, à sa place j’aurais fait pareil !

Malgré ça, James était homme à tenir ses promesses. Il se mit donc en quête de retrouver ce matou fugueur. Il commença par faire le tour du quartier. Puis il rentra chez lui, traversa sa maison et se rendit dans le jardin. De là, il pouvait observer les jardins des autres voisins. A peine commençait-il à le chercher que le chat sortit d’un bosquet, de l’autre côté de la clôture bordant son terrain. Il attrapa le chat, qui avec l’agilité et la rapidité d’un éléphant en fin de vie, tentait de s’échapper. Sitôt capturé, James ramena le chat à sa voisine. Ce fut avec étonnement qu’il découvrit la porte de cette dernière entrouverte. Prudemment, James s’avança une main sur la crosse de son revolver, qui se trouvait dans un étui, sous son bras gauche. Il passa la porte qui débouchait sur un sombre couloir. Il arriva dans une grande pièce à vivre. Il y trouva Mme Thulle, gisant à terre. Il accourut à son chevet et mit son index au niveau de la carotide dans le cou. Rien. Il sortit son téléphone de sa poche et composa le numéro d’urgence. Il expliqua la situation à l’opératrice. Au bout de 10 minutes, il entendit des sirènes. Peu après, le médecin du SAMU qui s’était déplacé déclara le décès de la pauvre voisine. Par strangulation. Rapidement, la police arriva et balisa la maison. Le lieutenant Fabrice Gorgel était sur l’affaire. Ce dernier commença l’interrogatoire de James :

« Salut James, pas trop secoué ?

- Je ne la connaissais pas tant que ça donc ça devrait aller.

- Ok. Bon racontez-moi tout.

- Ce matin, alors que je déblayais le perron de ma maison, elle s’est approché de moi en panique. Elle m’a dit que son chat s’était fait enlever et elle m’a demandé de le retrouver. Je me suis mis en quête du fameux matou, qui porte le charmant nom de Patapouf. Je l’ai retrouvé dans le jardin de mon voisin. En allant le lui ramener, j’ai vu sa porte entrebâillée, je suis entré, prudemment, une main sur la crosse de mon revolver et je l’ai trouvée là, gisant à terre. Elle ne respirait déjà plus. J’ai jeté un coup d’œil aux alentours et n’ai vu aucune trace d’une quelconque venue extérieure. J’ai appelé le SAMU et vous connaissez la suite.

- Bien, tout m’a l’air en ordre. Nous allons voir ce que nous pouvons faire. Pouvons-nous compter sur vous pour nous aider dans cette affaire ?

- Bien sûr. Mme Thulle était certes horriblement agaçante, mais je veux néanmoins lui rendre justice. Appelez-moi quand vous aurez des instructions à me faire parvenir.

- Ok. Je vous laisse, nous avons pas mal de pain sur la planche.

- D’accord. A plus tard.

- Au revoir. »

Ce serait mentir que de dire que James était bouleversé par la disparition sordide de sa voisine. Malgré tout, il la connaissait depuis des années et ne pouvait rester indifférent face à un crime envers qui que ce soit. En plus, James serait sûrement très utile au commissariat pour régler cette affaire car en connaissant l’efficacité de Gorgel, il n’y arriverait jamais tout seul.

 

 

3

08/12/2016 – Commissariat de police de Vendôme

L

es résultats du laboratoire venaient d’arriver. James et Gorgel étaient rentrés au commissariat depuis deux heures et ils avaient fouillé dans le passé de Mme Thulle. Rien. Cette femme avait une vie monotone. Pas de famille (A part un grand-oncle au Venezuela) et à la retraite. Bref, ils avaient perdu deux heures. Espérant que les résultats de l’autopsie et des analyses qui avaient suivis seraient d’une plus grande utilité, Gorgel ouvrit la pièce jointe du mail :

 

Rapport de la police scientifique

  1. Autopsie

Mme Thulle est morte d’un étouffement par strangulation. Des empreintes ont été relevées ainsi que de l’ADN (liquide organique). Au moment de sa mort, la victime était à jeun. Elle est morte entre 9h30 et 10h30. Rien de notable.

  1. Analyses

Les empreintes retrouvées sur le cou de la victime sont celles de : James Fergusson

L’ADN retrouvé sur le cou de la victime est celui de : James Fergusson

Aucun autre indice n’a était retrouvé sur la victime.

 

 

James était sidéré. Gorgel était lui aussi abasourdi : James ne pouvait pas avoir fait ça. Gorgel eut du mal à le faire mais il se tourna vers son consultant et dit :

« James, vous m’expliquez ?

- Je ne sais pas. Ce n’est pas moi.

- Les preuves sont là.

- Mais…

- Il n’y a pas de mais qui tienne James. Désolé mais je n’ai pas le choix. »

Gorgel passa derrière James et lui menotta les mains :

« Monsieur James Fergusson, vous êtes placé en garde à vue pour le meurtre d’Anne Thulle. Vous avez le droit d’appeler un médecin ; un avocat ou un membre de votre famille.

- Un avocat me semble approprié.

- Je ne vous aurais pas apporté meilleur conseil. »

Gorgel emmena donc James en salle d’interrogatoire devant les regards ébahis de tout le poste de police. Durant sa garde à vue, James nia tout bien entendu. Il raconta simplement les faits : l’affolement de Mme Thulle, la découverte du chat, la découverte du corps. Mais Gorgel avait raison : les preuves étaient là et il n’y avait aucun témoin. James fut donc mis en examen pour meurtre à la fin de la journée, vers 18 heures. Après entretien avec le procureur, le procès de James fut fixé au 27 janvier 2017. En attendant, il serait incarcéré à la maison d’arrêt de Blois, en détention provisoire. Ce fut ainsi que cette triste journée se clôtura.

 

4

09/12/2016 – Maison d’arrêt, Blois

G

orgel arriva sur les coups de 11 heures. Comme prévu le matin même au téléphone avec le directeur de la prison, James l’attendait au parloir :

« Bonjour James.

  • Bonjour, vous avez du nouveau.

- Pas depuis hier soir non. De toute manière l’affaire est classée, plus personne ne travaille dessus. Vous êtes sûr de ne rien avoir à me dire.

- Non. Je n’ai rien à me reprocher. Mme Thulle était une connaissance, je ne l’aimais ni ne la détestais.

- Je sais, voilà 2 ans que je travaille avec vous. Bon nombre d’affaires ont été résolues grâce à votre expertise. Vous n’êtes pas un assassin. Mais là, je vous avoue que je doute. Les empreintes et l’ADN, tout converge vers vous.

- Vous êtes sûr qu’il n’y a pas un moyen de reproduire les empreintes et l’ADN, de manière à ce que les traces laissées correspondent à mon identité génétique.

- Je ne connais pas un tel procédé mais je peux essayer de me renseigner.

- Merci.

- Je reviendrai demain à la même heure.

- Attendez Gorgel.

- Qu’y a-t-il ?

- Mon téléphone est encore au commissariat ? Il n’est pas sous scellé ?

- Oui, il est au commissariat et non, il n’est pas sous scellé. Il est posé sur mon bureau, là où vous l’avez mis hier.

- Surveillez-le s’il vous plaît. E-mails, appels, SMS, réseaux sociaux. Le code est 021163 : ma date de naissance. Surveillez aussi ma boîte aux lettres s’il vous plaît.

- Pourquoi voulez-vous que je surveille vos communications ?

- Je ne sais pas, j’essaye de mettre toute les chances de mon côté.

- S’il y a du courrier, je fais comment : je n’ai pas la clé ?

- Forcez la serrure. Alors vous voulez bien ?

- Je ne sais pas. Je vais réfléchir. Je vous rappelle que vous êtes présumé coupable dans une affaire de meurtre.

- N’oubliez pas que présumé coupable est égal à présumé innocent.

- Je reviens demain. Au revoir James, bon courage.

- Au revoir. »

 

 

10/12/2016 - Parloir

Le lendemain, Gorgel tint sa promesse et arriva au parloir à 11 heures précises. Il avait l’air encore plus tendu que la veille. Dans sa main, il tenait une lettre :

« Bonjour James.

- Bonjour Gorgel.

- J’ai jeté un coup d’œil à votre téléphone ce matin et il n’y avait rien de notable. Avant de venir, je suis passé chez vous, pour prendre le courrier.

- Merci lieutenant, vraiment merci, coupa James. Je suis content que vous ayez accepté. Maintenant, dites-moi : que contient cette lettre ?

- Je ne sais pas : je voulais attendre d’être en votre présence pour l’ouvrir. Après tout, ça ne m’est pas adressé. Je l’ai rapportée car il n’y avait ni d’adresse d’expéditeur, ni timbre. Ce n’est pas LA POSTE qui a mis ça dans votre boîte au lettres.

- D’accord. Ouvrez-la. »

Et Gorgel ouvrit la lettre :

 

 

Cher James,

 

Je suis en voyage d’affaires à Tours. Je savais que tu habitais dans le coin. J’allais t’inviter à diner demain soir quand en lisant la presse régionale, j’ai appris que le célèbre consultant de la police de Vendôme, James Fergusson a été mis en examen pour le meurtre de sa voisine. Les nouvelles  vont vite. Je ne te croyais pas comme ça. Je t’ai connu agressif mais à ce point là, tout de même. Du coup, nous ne mangerons pas ensemble. Dommage, j’aurais bien aimé que tu me racontes tes aventures. En même temps, tu es mon ennemi. Je ne dis pas ça parce que je n’ai jamais réussi à te battre aux 100 mètres (un peu en fait) mais surtout parce que tu es de l’autre côté de la légalité. Je ne suis pas forcément fier de ce que je fais mais bon, c’est la vie, il faut bien gagner son pain…

Bien à toi.

 

K.

 

 

« Alors là, si je m’attendais à cela, dit James

- Vous connaissez le K.

- Je n’ai pas la moindre idée de qui ça pourrait provenir.

- D’après cette lettre, il ne travaillerait pas dans le légal.

- Oui et comme il a dit qu’il était là pour affaire, on peut supposer qu’il est bien placé dans une organisation mafieuse. Voir le chef.

- Je ne sais pas. En tout cas il faudrait que vous y réfléchissiez : savoir qui c’est nous avancerait peut-être.

- Oui peut-être.

- Bon, je vais vous laisser.

- D’accord, à demain.

- A demain. »

Et Gorgel partit.

5

11/12/2016 – Maison d’arrêt, Blois

J

ames mit quelques heures à faire le rapprochement. Il se réveilla en pleine nuit et un nom lui sauta aux yeux : Karl. Karl Mitchel, s’il se souvenait bien. Ils avaient passé leurs années de collège ensemble aux Etats-Unis. Karl était son rival de toujours. Les notes et leurs résultats sportifs étaient une guerre sans cesse entre eux. Le seul domaine où James n’avait jamais était dépassé, pas même une seule fois, c’était le 100 mètres. Il devait le dire à Gorgel. A 11 heures.

11 heures  - Parloir

« Bonjour James, bien dormi ?

- Je dormirais mieux dans mon lit, mais bon, au moins j’ai un petit matelas.

- Je comprends. J’ai quelque chose pour vous.

- C’est-à-dire… ?

- Une lettre.

- Ouvrez-la.

Et Gorgel ouvrit la lettre :

 

Cher James,

 

Un de mes contacts m’a dit que le lieutenant Fabrice Gorgel prenait ton courrier. C’est pour cela que je t’écris. Je ne sais pas si tu connais mon « entreprise ». Elle s’appelle l’ADEC. Je te laisse deviner de quoi il s’agit même si tu dois la connaitre, vu tes vieux articles chez Le Monde. Tu croyais nous avoir éradiqués. A l’époque, je n’étais qu’un revendeur de drogue. Maintenant je dirige l’ADEC. Tu vas te demander pourquoi je te dis ça. La réponse est simple. L’heure de ma vengeance a sonnée. Mes parents sont morts par la faute de ton père. Ton père est mon ennemi. Mais comme c’est ton père, tu deviens mon ennemi. Tu vis tes derniers jours.

Bien à toi.

K.

 

 

« Mon dieu, dit Gorgel.

- Je sais qui est le K. C’est Karl Mitchel. J’étais avec lui au collège, à Détroit aux Etats-Unis. Nos pères avaient une entreprise. Ils étaient associés jusqu’au jour où son père Léon Mitchel a disparu en 1982. Il a laissé une lettre à sa femme, Mary Gibson, et à son fils Karl. Dedans, il expliquait qu’il ne pouvait plus supporter le chantage subi par mon père. L’existence de ce chantage n’a jamais été prouvée. Le 29 novembre 1982, après les interminables recherches du corps de Leon Mitchel, on le déclara mort sans cadavre. En 1986, Mary Gibson la veuve de Leon et mère de Karl s’est suicidée. Elle avait écrit une lettre avant de se tirer une balle dans la bouche. Elle y expliquait qu’elle ne supportait plus l’absence de son mari et de son fils, qui après la mort de son père, avait pris ses distances avec sa mère. C’est à ce moment là que je suis arrivé en France. Je ne savais pas qu’il était ici, en France.

- Et qu’est-ce que l’ADEC ?

- En 1998, je travaillais encore pour le journal Le Monde et j’ai fait une enquête sur cette organisation criminelle qui se nommait l’ADEC et qu’aucun policier n’avait réussi à dénicher. J’en ai découvert assez pour transmettre mon enquête aux forces de l’ordre. Je pensais qu’ils avaient arrêté tout le monde.

- Que signifie ADEC ?

- Assassinats Drogues Enlèvements Corruption. Et maintenant Karl est le chef de cette organisation.

- C’est une mauvaise nouvelle.

- Oui, il va vouloir passer par moi pour se venger de mon père. Ce dernier est très malade et il vit ses dernières semaines. L’intérêt de le tuer n’est pas très important pour Karl. Si ça se trouve, c’est lui qui a fait tuer ma voisine, Anne Thulle.

- Peut-être mais on n’a pas de preuves.

- C’est là que ça coince et de toute façon ce n’est qu’une suspicion. Karl veut me voir souffrir, pas m’envoyer en prison.

- C’est étrange.

- Je vais y réfléchir.

- A demain.

- Au revoir.

Et Gorgel partit. James tourna ses souvenirs dans sa tête toute la journée. Comment pouvait-il ignorer que Karl avait immigré en France ? Merde ! Sa vie était sur le point de basculer et il n’était pas capable de faire quoi que ce soit…

Il devait réfléchir.

Pour mieux réagir.

6

12/12/2016 – Parloir

À

11 heures, Gorgel arriva comme un fou devant la vitre du parloir.

« James, j’ai une nouvelle.

- Bonne ou mauvaise ?

- Je ne sais pas trop : je vous avoue que je ne sais pas comment prendre la chose.

- Allez-y, dites moi.

- Vous allez être jugé demain.

- Quoi ?! Mais mon jugement devait se tenir dans plus d’un mois.

- Je ne sais pas pourquoi il a été avancé mais ce qui est sûr c’est que vous êtes transféré demain à 15 heures pour le tribunal de grande instance de Tours.

- Je pars à 15 heures.

- Non, on arrive au tribunal à 15 heures.

- Pourquoi « on » ?

- Je serais du voyage.

- D’accord. Je suppose qu’il n’y a pas de nouveau sur l’affaire.

- La probabilité que vous soyez jugé coupable est quasiment de… 100%.

- Je sais. Une nouvelle lettre.

- Non désolé. Je dois y aller. J’ai une autre affaire sur le feu.

- Ok. A demain.

- Au revoir. »

 

13/12/2016 – Maison d’arrêt, Blois

 

James fut menotté et emmené à l’arrière d’un fourgon. Le trajet fut long. Gorgel, qui était à l’arrière avec lui et deux autres fonctionnaires, lui annonça qu’ils étaient presque arrivés. Une explosion retentit. Le véhicule pila. Les portes arrières s’ouvrirent d’un grand coup et 4 hommes armés d’AK47 apparurent. Ils commencèrent à tirer. Gorgel répliqua. Un des deux policiers qui les accompagnait tomba à terre. James récupéra les clés qui pendaient à sa ceinture et il se libéra de ses menottes. Il prit l’arme de service du dénommé Porter qui gisait sans vie et il se mit à tirer sur les attaquants. Gorgel et l’autre policier en avaient déjà abattu 3 mais le quatrième continuait à tirer. Gorgel fut touché en pleine poitrine et s’effondra par terre. James, prit de rage, s’avança et tira dans la tête de l’homme. Ce dernier lâcha l’AK47 et tomba en arrière. James se précipita au chevet de Gorgel. Malheureusement, l’autre policier le tira en arrière et le menotta. Les secours arrivaient. James fut transféré dans un autre fourgon et emmener au QG du GIPN, sous haute sécurité. Juste avant d’être jeté dans le fourgon, James attrapa un morceau de papier qui dépassait de la poche du dernier assaillant. Une fois arrivé dans sa cellule au poste, James sortit le papier de sa chaussure et le déplia :

 

Cher James,

 

Si tu lis ce message, c’est que mon opération a échoué. Dommage. Mais je ne vais pas m’avouer vaincu. J’ai fait tuer ta voisine. Il fallait que tu le saches. Pourquoi je te le dis ? Maintenant que mon plan pour t’éliminer a échoué, tu es en liberté et je ne vais pas ménager mes efforts pour te tuer. Rentre bien chez toi et salue mon ami, le procureur Change.

Bien à toi.

K.

 

 

Epilogue

Fabrice Gorgel resta plusieurs jours à l’hôpital. Son gilet pare-balles l’avait sauvé.

Le juge Change fut arrêté pour corruption. Un dépôt de 2 millions d’euros fut retrouvé dans ses finances et le message reçu par James constituait une preuve supplémentaire.

James Fergusson fut déclaré non coupable, faute de preuves. Malgré les indices génétiques, les lettres de Karl Mitchel suffirent à semer le doute parmi les jurés. Pour James commençait la traque de Karl. Et déjà une question se posait : pourquoi avoir comploté tout ce plan pour l’assassiner au lieu de le faire abattre par un tireur, tout simplement ?

 

 

A SUIVRE…

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