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Les petites histoires de Paul

Les petites histoires de Paul

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Le voleur d'étoiles

Le voleur d'étoiles

Prologue

 

Simon Arquilet avait 37 ans. Il avait un fils de 6 ans, Théo. Son ex-femme et lui avaient divorcé il y a 3 ans. Elle s’appelait Cindy. Simon était plombier. La suite est plus lugubre…

 

Chapitre 1

 

Le commandant Martin Glasritt avait pris son service à 8 heures du matin. Il était à peine arrivé que le standardiste l'assaillait déjà. Un corps avait été retrouvé à Montoire. Le secteur était plutôt calme en ce moment. Il décida de prendre l’affaire en main.

 

8h48. Arrivée à Montoire. La police scientifique était déjà là ainsi que les policiers municipaux. Glasritt se dirigea vers un homme, l’air choqué, la cinquantaine. Il était assis dans une fourgonnette officielle :

“Bonjour monsieur... commença Glasritt.

  • Bongny, monsieur Bongny, répondit l’intéressé.
  • C’est vous qui avez découvert le corps.
  • Oui.
  • Dans quelles circonstances ?
  • Je lui avais emprunté une tronçonneuse.
  • Comment s’appelle-t-il d’ailleurs ?
  • Simon Arquilet.
  • D’accord,autre chose ?
  • Non.
  • OK, merci”

Glasritt se tourna alors vers un technicien scientifique. Il lui expliqua qu’Arquilet était mort d’une balle dans la tête. Puis il l’invita à se rendre dans la chambre du fils de la victime, à l’étage.

 

Chapitre 2

 

Il y avait des traces étranges en forme d’étoile et des résidus de plastique. Voilà le résumé du plafond dans la chambre de Théo. Après réflexion, Glasritt trouva la provenance de ces marques. C’était tout simplement des étoiles fluorescentes. Ça c’était clair. Mais pourquoi les avoir arrachées ? Seule l’enquête pourrait le dire. C’est alors qu’un cri retentit dans la maison :

“Commandant venez voir vite !”

 

Glasritt se précipita dans l’escalier et déboucha, en trombe, dans le salon :

“Qu’y a-t-il, demanda le commandant ?

  • Un deuxième cadavre ! lui répondit un agent.
  • Où ça ?
  • Dans le garage.”

 

Ils s’y rendirent, passèrent une porte et arrivèrent dans la pièce chaude et éclairée, étonnant pour un garage. Un lit, une table, une chaise. C’était sobre mais douillet. Quelqu’un dormait ici. Dans le lit, un cadavre d’une trentaine d’années gisait les yeux fermés. Le médecin légiste arriva derrière les deux techniciens. Il s’agenouilla au bord du lit :

“D’après les médicaments sur le bureau, cet homme souffrait du HIV. Pour les causes de la mort, je vous les communique après l’autopsie.

  • D’accord, merci, dit Glasritt.
  • Il n’y a pas de quoi. »

 

Voilà qui venait semer le trouble dans l’affaire. Déjà que ce n’était pas clair. Le téléphone de Glasritt sonna :

“Allo ?

  • Bonjour commandant. Il y a eu un cambriolage à la Caisse d’Epargne.
  • D’accord, le voleur est toujours sur place ?
  • En fait, c’était par informatique.
  • Comment ça ?
  • Un virement général via un logiciel pirate.
  • D’accord, envoyez Léring et Pougel à la banque.
  • OK patron. »

 

Chapitre 3

 

Glasritt était rentré au poste depuis plus de cinq heures. Il venait de recevoir le rapport de la police scientifique :

 

Rapport de la police scientifique

 

  • Les causes de la mort des deux hommes sont confirmées : Simon Arquilet est mort d’une balle de 9mm tirée d’un Beretta (équipé d’un silencieux). Le second mort a été identifié : Antoine Arquilet. C’est le frère cadet de Simon Arquilet. Il a succombé au HIV (sida).
  • Des micros ont été découverts suite à la fouille de la maison.

 

Glasritt était abasourdi. Des micros ? Cette affaire était de plus en plus compliquée. Et puis il y avait aussi cette histoire d’étoiles fluorescentes. En plus il attendait les agents envoyés à la Caisse d’Epargne. En attendant il allait faire des recherches sur Antoine Arquilet. Il tapa le nom sur son fichier… Ah voilà !

Antoine Arquilet était porteur du HIV (on était au courant), il était le frère cadet de Simon Arquilet (on savait aussi), il avait fait une fac informatique (Ah, intéressant) et il était chômeur. Ses parents étaient décédés, il y a 4 ans. Glasritt était déçu : pas très intéressant. On toqua à la porte. Voilà Léring et Pougel de retour de la banque :

“ Salut patron, on est là, commença l’un.

  • OK, faites-moi un rapport, répondit-il.
  • Alors les virements ont été faits via Internet avec des codes bancaires volés. L’adresse IP est inconnue, on sait juste que c’était en France.
  • Quel est le préjudice ?
  • Un million et demi d’euros.
  • Ah oui quand même. Continuez à fouiller.
  • OK, à plus.”

Les deux inspecteurs sortirent du bureau au moment où le téléphone sonna :

“Commandant Glasritt ? fit une voix.

  • Oui c’est moi, répondit Glasritt.
  • Ici le service anti-cybercriminalité. Nous avons une disparition à vous signaler.
  • J’écoute.
  • Le sergent Tortilini, 32 ans, n’a pas donné signe de vie       depuis plusieurs jours.
  • D’accord nous allons enquêter, je vous envoie deux inspecteurs.
  • Merci commandant, conclut la voix.

Glasritt héla les agents Michel et Artoni. Il les envoya au 3e étage à la cybercriminalité. Tout compte fait il alla avec eux. Il n’avait rien sur le meurtre des Arquilet, autant être utile.

 

Chapitre 4

 

Arrivés au troisième étage, les cyberpoliciers les assaillirent. Ils avaient trouvé ce que Tortilini avait fait sur son ordinateur de fonction avant sa disparition. Il avait découvert, en espionnant un ordinateur à distance, un fichier contenant des codes bancaires de la Caisse d’ Epargne valant sûrement des centaines de milliers d’euros. L’hypothèse était simple : le vol à la banque et la disparition de Tortinili étaient liés. Ce dernier, en estimant le bénéfice occasionné par cette découverte, n’avait rien dit à ses supérieurs pour récupérer l’argent. Il avait piraté la Caisse d’Epargne et vidé les comptes. Voilà ce qui c’était sûrement passé. Mais pour le vérifier, il fallait l’arrêter et là ça se compliquait.

 

Le lendemain matin, les policiers étaient épuisés. Ils avaient cherché Tortilini toute la nuit, en vain. Tout ce qu’ils savaient, c’était qu’avant sa disparition, le cyberpolicier avait des états de service irréprochables. Né en 1984, à Lisieux, il avait grandi en Normandie. Pour les besoins de ses études, il avait déménagé dans la région Centre pour étudier à l’université de Tours. Diplômé de l’école de police, il avait choisi Vendôme pour s’établir. Il monta vite en grade mais rien de particulier dans sa carrière.

Le téléphone sonna dans le bureau de Glasritt :

“Ici le commandant Glasritt, j’écoute.

  • Bonjour, j’ai contacté le 17 et on m’a donné ce numéro à appeler.
  • Que se passe-t-il ?
  • Je viens d’être témoin d’un meurtre à Lavardin. Un homme a été jeté du haut du pont menant au château par un individu tout habillé de noir et cagoulé. Il était accompagné de quelqu’un que j’ai vu dans le journal. Il s’appelle Alexandre Tortinili.
  • D’accord, merci on arrive. »

La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre à travers le commissariat. Tous les hommes disponibles furent envoyés à Lavardin. En quelques minutes l’étage se vida. C’était le branle-bas de combat.

 

Chapitre 5

 

Les sirènes de police retentissaient dans le village paisible. C’était rare de voir un déploiement pareil en pleine campagne. Les habitants sortaient de chez eux un par un, se demandant ce qui pouvait bien se passer. A peine arrivés, les policiers bouclèrent le bourg. Personne ne devait sortir sans être contrôlé. Tandis que ces barrages s’installaient, les inspecteurs contemplaient le cadavre qui avait fait une chute vertigineuse. La plupart des policiers avaient reconnu le mort. Il s’agissait de Dimitri Mosse, un petit délinquant. Le pauvre gamin, il était à peine majeur. Le médecin légiste venait d’arriver. Tandis que ce dernier examinait le corps du feu Dimitri Mosse, Glasritt reçut un texto de l’un de ses lieutenants :

“Hey, les codes bancaires ont été volés par Antoine Arquilet, les trois affaires sont liés ! Il faut aussi que tu saches que Tortinili à un billet de train pour la Hongrie.”

 

Glasritt compris. Toutes les pièces du puzzle s’ordonnaient. C’était dingue. Maintenant Tortinili allait s’enfuir pour la Hongrie. Attendez… Il devait faire des provisions ! Glasritt cria des ordres à plusieurs de ses hommes : contrôlez toutes les images de vidéosurveillance de tous les supermarchés des environs.

 

Au bout d’une heure et demi d’attente, ils repérèrent enfin leur suspect ! Glasritt se rua à son véhicule, démarra en trombe et rejoignit le supermarché où avait été aperçu Tortinili. Il se gara rapidement et s’élança dans les rayons du supermarché, arme au poing. Repéré ! Glasritt s’approcha doucement du policier véreux :

« Tortinili, les mains en l’air et pas de geste brusque. Commandant Glasritt, police de Vendôme. »

Les menottes craquèrent en se refermant autour des poignets du suspect et les policiers le conduisirent au commissariat.

 

Chapitre 6

 

Glasritt et son collègue, Artoni, n’eurent même pas à  forcer leur suspect à parler. Ce dernier, étant policier lui-même, connaissait le système et savait qu’il ne servait à rien de résister :

« On t’écoute, entama Glasritt.

  • Je vais tout vous dire.
  • Alors vas-y.
  • Je surveillais un hacker du nom d’Antoine Arquilet. J’ai piraté son ordinateur et récupéré toutes les données qui s’y trouvaient. J’ai fait le tri et j’ai trouvé un fichier contenant des centaines de codes bancaires. Après quelques recherches, j’ai découvert que tous les codes correspondaient à des comptes hébergés à la Caisse d’Epargne. Je me suis renseigné sur la somme qu’on pouvait récolter avec ces codes. J’ai halluciné. Plus de huit ans de salaire d’un coup ! Un problème s’est présenté : je n’avais pas le cran et les ressources pour réaliser un tel virement. Je ne savais même pas quelle méthode appliquer une fois mon vol commis. J’ai donc décidé de mettre en vente le fichier sur le darknet (partie illégale d’internet). J’ai rapidement trouvé un acheteur.
  • Son nom ?
  • Je n’ai que son pseudo : J36T1. Bref, je lui ai vendu le dossier 1,2 million d’euros. Trois jours après il m’a rappelé en me disant que ça avait dérapé et qu’il fallait quitter le pays. Nous nous sommes retrouvés le lendemain avec un homme qu’il appelait Dimitri. Ce dernier nous a fourni des faux papiers, mon acheteur a froidement tué le faussaire en le poussant dans le vide ! Il m’a dit d’aller faire des courses pour que l’on puisse partir après. Il n’a pas voulu me révéler notre destination.
  • Avez-vous un moyen d’identifier l’homme à part son pseudo ?
  • J’ai son adresse IP.
  • Notez-la sur la feuille. »

Tortilini s’exécuta. Glasritt le reconduisit en cellule.

Chapitre 7

 

L’émission de l’adresse IP donnée par Tortinili fut localisée dans une maison danzéenne. Le lendemain de l’interrogatoire du policier véreux, à l’aube, Glasritt, Artoni et une équipe du GIPN (Groupe d’Intervention de la Police Nationale) investirent cette maison. Un certain Julien Samion fut arrêté. Glasritt l’interrogea :

« On a assez de preuves pour te mettre à l’ombre jusqu’à tes 80 ans. Parle.

  • Vous voulez savoir quoi ?
  • Est-ce que tu as tué Simon Arquilet ?
  • Oui.
  • Pourquoi avoir arraché les étoiles fluorescentes dans la chambre du gamin ?
  • Les mots de passe de l’ordinateur du hacker s’y trouvaient.
  • Pourquoi les micros ?
  • Sur l’annonce du flic se trouvait l’adresse du hacker. Pas malin d’ailleurs. Avant d’acheter le fichier je voulais vérifier si l’annonce n’était pas bidon. J’ai donc été posé des micros. En suite j’ai réfléchi et je me suis dit que si je pouvais entrer dans la maison sans problème, je pouvais me passer d’acheter le fichier et aller directement sur l’ordi du hacker. Donc j’y suis retourné et là surprise : pas de fichier, même dans la corbeille. J’ai donc douté du flic. Je suis allé le voir. Il m’a montré le fichier. Ça n’avait pas l’air bidon du tout. J’ai réfléchi et puis j’ai décidé de prendre le risque. Je l’ai acheté. Pour ne pas me faire choper j’ai voulu faire le virement depuis le PC du hacker. Je suis donc retourné chez lui. Je l’ai trouvé allongé sur son lit, mort. J’ai commencé à faire mon casse informatique. Puis l’autre gars, Simon je ne sais pas quoi, s’est ramené. Je l’ai abattu. Pas de témoin. Vous connaissez la suite.
  • As-tu tué Dimitri Mosse ?
  • Je vous l’ai déjà dit : pas de témoin.
  • Alors pourquoi ne pas avoir tué Tortilini ?
  • Ce n’était qu’une question d’heures. Je lui ai dit d’aller faire des provisions. Je l’ai suivi. J’ai piégé sa voiture. Si vous ne l’aviez pas arrêté avant, il serait mort.
  • Comment ça vous avez piégé sa voiture ?
  • Si on allume le moteur ça fait… »

Boum ! Le bruit retentit dans la cour du commissariat.

 

 

 

 

Epilogue

 

Le lieutenant Pougel était chargé d’emmener la voiture de Tortinili à la fourrière (elle avait été remorquée au commissariat pour la fouille). Il est mort dans l’explosion du véhicule. Il laisse derrière lui sa femme et ses deux enfants.

Les deux gardiens qui surveillaient l’entrée du commissariat succombèrent à leurs blessures au bout de quelques jours et dans d’horribles douleurs.

Trois familles sont endeuillées à cause de Julien Samion qui fut emprisonné pour de multiples crimes.

Théo Arquilet, fils de Simon, fêta son septième anniversaire sans son père.

 

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