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Les petites histoires de Paul

Les petites histoires de Paul

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L'opération Jubilee

L'opération Jubilee

Prologue

En janvier 1942, les alliés se réunissent lors de la conférence de Washington pour se concerter sur un possible débarquement-test. Leur décision est prise : le débarquement-test aura lieu sur Dieppe et se nommera « Opération Jubilee ».

Chapitre 1

Juillet 1942

Christopher et Mark sont des Canadiens d’une vingtaine d’années amis depuis la petite école. Après le lycée, ils étaient restés en colocation. Ils étaient devenus des militaires et ils opéraient dans la même division. Tous deux s’intéressaient peu à la guerre qui faisait rage en Europe.

Un lundi matin, ils furent convoqués au secrétariat de la base militaire. Une fois arrivés, un secrétaire leur tendit des papiers. C’étaient des ordres de mission. Essayant de cacher leur surprise, ils lurent les documents avec attention. Ils partaient pour l’Europe ! Eux et leur division allaient effectuer un débarquement-test sur Dieppe en France : l’opération Jubilee.

Chapitre 2

Les nausées de Christopher empiraient d’heure en heure. Mark s’inquiétait pour son état. Voilà déjà deux jours qu’ils étaient à bord du cargo militaire les menant à Cardiff, au Pays de Galles. Ils leur restaient neuf jours à tenir. La vie sur ce navire ne s’arrêtait jamais. On aurait dit un village flottant. La bouillie était horriblement mauvaise mais l’esprit de fraternité entre les soldats suffisait pour ne pas perdre le moral. Nous étions le 7 juillet 1942 et l’attaque était prévue pour fin août.

Les militaires canadiens arrivèrent avec deux jours de retard à cause d’une tempête. Christopher recommençait à prendre des couleurs. Ils étaient arrivés la veille. Dès leur arrivée commença une série de réunions pour les informer dans le détail du déroulement de l’opération. Puis les exercices physiques et tactiques s’enchaînèrent jusqu’au jour J. Mark regardait le programme pour les semaines à venir en soupirant. Les temps à venir allaient être éreintants. Malgré cet emploi du temps chargé et un trajet naval déplorable, Mark et Christopher étaient enjoués : leur première mission !

Chapitre 3

« Si vous voyez que vous allez être faits prisonniers, suicidez-vous à l’aide de votre arme de point. C’est malheureusement la seule issue. » Ces paroles résonnaient dans la tête de Mark. Après la revue des troupes, le sergent hurlait des conseils aux soldats. A la fin de son monologue, les fantassins se répartirent dans les barges de débarquement. Ils avaient un trajet de plusieurs heures avant l’arrivée à Dieppe. Tous les hommes étaient anxieux à l’idée du combat qui approchait. Ils étaient tous entassés dans les petits bateaux. Christopher priait en silence, dans l’espoir de ne pas tomber sur des U-boots : ces sous-marins allemands torpillaient tous les bateaux anglais. Les deux amis se relayèrent pour dormir avant l’arrivée. Alors que Christopher commençait à réveiller Mark, une voix s’éleva :

« Dieppe en vue ! Tout le monde debout, à vos armes ! »

Chapitre 4

« Mark, réveille-toi, supplia Christopher.

- C’est bon, ok, je suis réveillé, répondit Mark.

- On arrive à Dieppe.

- Merci, j’ai entendu. »

Une secousse fit tanguer le bateau. Ils avaient accostés. Devant eux, se tenait un spectacle inattendu : des centaines d’allemands les attendaient de pied ferme ! Voilà qui n’était pas prévu. Des ragots avait circulé sur une éventuelle fuite d’informations mais les deux compères n’en avait pas cru un mot. Apparemment, ils avaient eu tort.

A peine débarqués, les allemands leur tirèrent dessus. Plusieurs soldats s’effondrèrent mais les Canadiens faisaient également des victimes chez leur adversaire. Mais moins. Beaucoup moins. Mark et Christopher tirèrent sans relâche. Ils avançaient très lentement. C’est alors que les allemands chargèrent. Tous les soldats, dans les deux camps, étaient réduits au combat à corps à corps. Du sang jaillissait de tous les côtés ainsi que les cris qui l’accompagnaient. Mark et Christopher avaient été séparés par la masse considérable de fantassins. Mark cherchait son ami tout en évitant les coups de baïonnette. Alors qu’il se battait contre un Allemand, une douleur irradia son dos. Il se retourna et vit un autre Allemand, un couteau ensanglanté dans la main. C’est à ce moment que sa courte vie défila devant ses yeux. Il sentit toute forme de vie quitter son corps. « Mourir est vraiment une sensation désagréable », se dit-il, malgré l’agonie. Ses yeux se figèrent et dans un dernier souffle, il murmura, à peine audible : « Au revoir Christopher ».

Chapitre 5

Christopher se battait sans relâche. A peine se débarrassat-il d’un assaillant, qu’un autre arrivait. Le chaos régnait autant sur la plage que dans son esprit. Depuis combien de temps étaient-ils là ? Quelques minutes ou quelques heures, il n’en savait rien. Un coup de clairon sonna : la retraite ! Il se rua vers la mer en essayant d’éviter les corps. Il s’arrêta brusquement. Devant lui s’offrait un spectacle horrible. Il n’avait pas pensé qu’il pourrait mourir au cours de l’attaque. Il n’avait pas non plus pensé que Mark mourrait. Et pourtant, c’était bien Mark qui gisait, dans une mare de sang, devant lui. Il resta interdit devant le cadavre de son meilleur ami. Il récupéra le barda de son ami et se remit à courir jusqu’à la barge. Ce n’est qu’une fois dans le bateau qu’il pleura toutes les larmes de son corps. Il n’arrivait pas à y croire. Il ne le verrait plus. Il ne lui parlerait plus. Il ne se disputerait plus avec lui. C’était horrible.

Epilogue

Christopher vivait à la campagne. A l’aube de sont trente-septième anniversaire, il se questionnait sur les cadeaux de sa femme, Laure, et de ses enfants, Mark et Julie. Comme tous les ans, Laure allait lui préparait son dessert préféré : l’amandine aux poires.

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