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Les petites histoires de Paul

Les petites histoires de Paul

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La version complète de "Tout feu, tout flamme"

La version complète de "Tout feu, tout flamme"

Pour vous aider dans votre lecture de "Tout feu, tout flamme" je mets en ligne la totalité des chapitres mis bout à bout.

Paul, votre écrivain dévoué.

I

Selon ses camarades, Octave Cassorte est bizarre. Lui il ne se trouve pas bizarre mais particulier. Il a un don. Il se demande tout de même si ce don pourrait lui servir à quelque chose. Ses parents étaient tous les deux professeurs universitaires. Malheureusement, les parents vivaient dans la peur. Lors de ses études pour devenir professeur, Daniel, le père d’Octave, était ami avec un dénommé Marcel. A la remise des diplômes, Daniel avait obtenu le sien avec les félicitations alors que Marcel avait été recalé. Aujourd’hui, il était devenu un criminel endurci. Daniel avait reçu une lettre l’informant du retour de Marcel en ville. Marcel a entretenu une haine glaciale envers Daniel et sa femme, Elisabeth.

Une nuit de décembre, vers deux heures du matin, une masse sombre pénétra dans la maison. Cette dernière fit fortement grincer les lattes du parquet. Octave ayant le sommeil extrêmement léger, il fut réveillé par ce bruit désagréable. Il saisit une lampe torche et sortit de sa chambre. Celle-ci était au premier étage alors que celle de ses parents était au deuxième. Il ne vit rien alors il pensa que ce n’était qu’un grincement dû au vieux parquet du rez-de-chaussée. Avant de se coucher il se rendit aux toilettes. Il tira la chasse d’eau quelques minutes plus tard et ce fut alors que la porte d’entrée claqua. Il se dirigea vers l’escalier et jeta un coup d’œil vers le deuxième étage et vit s’en échapper une épaisse fumée. Il se rua dans la chambre de ses parents. Il y trouva deux cadavres calcinés à la place de ses parents. Il sut que c’était eux à leurs alliances. Alors que les pompiers commençaient à arriver, Octave sortit de la maison sans une brûlure. Il sut pourquoi sans chercher bien longtemps. Il avait un don unique : son corps ne craignait pas le feu.

II

Le sergent Francis Bonpalle de la police de Brest comprit rapidement que cette affaire allait être compliquée. Il avait contacté un consultant réputé de la police de Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Il s’appelait James Fergusson.

James arriva à Brest sur les coups de onze heures. Après avoir déposé ses bagages à l’hôtel, il fila directement au commissariat de Brest. Aussitôt arrivé il fut assailli par un sergent, un certain Bonpalle. Ce dernier lui expliqua les faits :

« Hier soir, une maison a brûlé. Elle était habitée par un couple et leur fils. Seul le fils a réchappé des flammes. L’incendie a tout de suite été identifié comme criminel car des traces d’huile de combustion ont été découvertes. Le seul bémol est que le petit est encore à l’hôpital. Il est comme bloqué.

-C’est fâcheux certes mais pas forcément handicapant pour les suites de cette investigation, rétorqua James.

-Si vous le dites. Par où voulez-vous commencer ?

-Nous commencerons par fouiller dans le passé des parents. »

Après un déjeuner bien garni, Bonpalle et James retournèrent au commissariat pour chercher l’histoire des deux défunts parents dans les bases de données de la police nationale. Vers dix-huit heures, James s’était fait une idée assez précise de la vie du couple : ils avaient étudié ensemble puis ils étaient devenus professeurs. Fin. Leur vie était on ne peut plus ennuyeuse. James ne savait pas où chercher. Il décida de rentrer à l’hôtel.

James alluma la radio et se prépara pour aller prendre une douche. Sa nouvelle enquête refusait pertinemment de lui sortir de la tête. Il entra dans la cabine de douche et commença à réfléchir intensément. Par on ne sait quel miracle, il eut une idée : et si tout partait des études des parents morts.

III

James arriva au commissariat de Brest en début de matinée. Il alla directement dans le bureau du sergent Bonpalle :

« Bonjour, M. Fergusson, commença Bonpalle, vous êtes bien matinal dîtes donc.

-Il fallait que vous sachiez un début de théorie qui m’a traversé l’esprit, lui répondit James omettant de le saluer.

-Je vous écoute.

-Je pense que tout part des études des deux morts. Ils les ont faites ensemble et ils sont morts ensemble.

-Et sur quoi repose cette théorie ?

-Sur une intuition.

-Seulement sur une intuition ?

-J’ai tendance à faire confiance à mon instinct.

-Alors nous pouvons sûrement approfondir cette piste.

-Je l’espérais bien. »

Jusqu’à treize heures, Bonpalle et James firent des recherches plus poussées sur le passé des deux défunts à l’université. Ils ne trouvèrent rien :

« Cette enquête est un fiasco, finit par avouer Bonpalle, M. Fergusson je suis désolé de vous avoir fait venir pour une défaite si rapide.

-Vous êtes sûr qu’il n’y a plus rien à faire ?

-Oui nous avons cherché partout où nous pouvions. Je vous laisse mon numéro de portable si une de vos idées pouvaient relancer l’enquête.

-D’accord. Dans ce cas, je me retire en vous souhaitant une bonne continuation.

-Au revoir »

Le soir même, vers deux heures du matin, le sergent Bonpalle fut réveillé par une sonnerie. Il décrocha son téléphone d’une voix fatiguée :

« Allo.

-Excusez-moi de vous déranger à cette heure mais…

-Qui êtes-vous ? coupa Bonpalle.

-C’est James.

-Ah, excusez-moi

-Je viens de rentrer chez moi…

-Oui et … ?

-On a retourné toute ma maison. Tout est sens dessus dessous… »

IV

« Si on vous a cambriolé, pourquoi m’appelez-vous ? demanda Bonpalle.

-Il y a eu message sur mon frigo, répondit James, voulez-vous que je vous le lise ?

-Evidemment !

-Je vous le lis mot pour mot : « Si vous continuez l’enquête, vous êtes un homme mort. Signé : M.S. »

-C’est bizarre.

-Je vais revenir à Brest.

-C’est judicieux. Il vous faudra une garde rapprochée.

-Non, certainement pas.

-Vous allez au moins venir chez moi.

-D’accord. Je n’aurai pas à payer l’hôtel !

-A tout à l’heure, conclut Bonpalle.

Ni une ni deux, Bonpalle se leva pour se préparer. James n’arriverait que dans trois ou quatre heures mais il voulait se rendre au poste pour commencer les recherches. Il arriva à son bureau au moment où le coucou sonnait trois heures du matin. Bonpalle se posait quand même une question : comment, en partant à treize heures de Brest, Fergusson avait pu arriver seulement à 2 heures du matin chez lui ? Il se dit qu’il lui demanderait à son retour. Il ouvrit le dossier de l’affaire Cassorte et en sortit la liste des individus de la promo des deux morts. Il la relut entièrement afin de recouper les initiales trouvées chez James et les noms de la liste. A la fin de sa lecture, un seul nom ressortait : Marcel Sarpaigne. Il fit des recherches sur cet homme : après avoir échoué au concours de prof (au contraire des parents d’Octave), Sarpaigne s’était construit une réputation de criminel terrifiant.

Bonpalle entendit une sonnerie. C’était le téléphone de la secrétaire de permanence. Il sortit de son bureau et contempla le hall. Vide. Ce n’était pas choquant à 3 heures du matin. C’est alors qu’il vit un policier à terre. Il s’approcha. Mort. Il se retourna et c’est là qu’il le vit : Marcel Sarpaigne !

V

Le visage empli d’effroi, Bonpalle observa l’armoire à glace qui se tenait devant lui. Chauve et le regard plein de haine. C’était la seule description possible de cet être sans cœur. Le revolver pointé sur Bonpalle en disait long sur les intentions de Sarpaigne. Bonpalle se résolut à l’évidence : il allait mourir. Mais avant, il était bien décidé à avoir le fin mot de l’histoire :

« Bonjour M. Sarpaigne, commença le sergent.

-Bonjour, flic, continua Sarpaigne.

-Allez-vous me tuer ?

-Il y a des chances.

-Voudriez- vous vous expliquer avant cela ?

-Mais bien sûr.

-Je vous écoute.

-A la fac, moi et mes deux victimes étions proches, très proches. Tellement proches que je tombais amoureux de sa femme. A l’annonce des résultats, nous étions quelques uns à avoir raté ce foutu concours.

Ce soir-là, mes deux compagnons se fiancèrent. Cela en était trop. Je me suis retranché dans le crime pour essayer de les oublier. Mais c’était impossible et l’heure de la vengeance avait sonné. J’ai tué ces deux veinards. Puis James Fergusson s’en est mêlé. Je connaissais sa réputation. J’ai donc espionné le commissariat grâce à un contact policier. Et oui sergent, il y a une taupe ici.

-J’en suis attristé.

-Bref j’ai appris que James Fergusson avait abandonné l’affaire. Mais il était évident qu’il allait continuer, ce n’est pas le genre de personne à baisser les bras si facilement. Je suis donc immédiatement parti chez lui en espérant arriver avant lui. J’ai eu de la chance, il s’est arrêté chez un ami. Une fois arrivé chez lui, j’ai mis le bazar et je lui ai laissé un mot. Je voulais faire vite et c’est la raison pour laquelle je ne me suis pas rendu compte que j’avais signé. Dernière solution : vous tuez avant qu’il ne revienne ; et oui sergent je surveille également vos appels. Je compte le tuer dès son arrivée. Faites vos prières. 3 , 2, 1… »

« PAN !! »

Bonpalle savait que c’était la fin mais il ne sentait pas la mort arriver. Il ouvrit les yeux. Sarpaigne gisait à terre, vivant, avec une balle dans l’épaule. Il releva la tête. C’est alors qu’il vit Fergusson son arme à la main. Il était vivant et James l’avait sauvé.

Épilogue

James Fergusson mit quelques semaines à ranger sa maison. Le sergent Bonpalle put lui rapporter toutes les confidences du tueur.

Octave Cassorte ne se remit jamais du choc qu’il avait vécu. Il resta à l’hôpital trois semaines.

Marcel Sarpaigne s’en tira avec une épaule broyée. Il dut répondre de ses actes devant la justice, il fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

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