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Les petites histoires de Paul

Les petites histoires de Paul

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Le meurtre de Stéphane Evira

Le meurtre de Stéphane Evira

Introduction

James Fergusson est quelqu’un de solitaire. Originaire des Etats-Unis, il émigre en France à l’âge de 23 ans. Il est reporter dans un petit journal parisien. Maintenant, il a 52 ans et a pris une retraite anticipée pour pouvoir se retirer dans un coin de France : le Loir-et-Cher. Ayant hérité de plusieurs millions d’euros à la mort de son oncle, il peut vivre aisément jusqu’à la fin de ses jours. Ce qu’il aime par-dessus tout c’est se balader sur le chemin des feuilles dans le bois de l’Oratoire. Le bois de l’Oratoire est un bois de Vendôme et le chemin des feuilles est un parcours balisé au cœur du bois. C’est également un enquêteur hors pair, qui a la mauvaise habitude de tomber sur des cadavres assez régulièrement.

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28/11/2015 – Domicile de James Fergusson

James s’installa dans son fauteuil au coin du feu. Il ouvrit le journal du jour tout en dégustant son petit déjeuner. Il vit un article qui relatait ses exploits de la semaine passée. Il avait effectivement résolu un énième meurtre dans le Vendômois. Il se souvint de cette aventure palpitante. Cela partait d’un accident de voiture très suspect…

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21/11/2015 – Domicile de James Fergusson

Tout commença lorsqu’il reçut un coup de fil du lieutenant Gorgel. Cet enquêteur n’était pas très apprécié, particulièrement par James. Il avait l’habitude de piétiner les scènes de crimes et de faire appel à James lors d’une affaire trop compliquée (soit à peu près toutes ses affaires). C’était donc ce mercredi matin, sur les coups de dix heures que le téléphone sonna. Gorgel lui expliqua les faits :

« Un accident de la route s’est produit il y a un peu moins d’une heure. Un couple était à bord et la femme conduisait. La femme est indemne et l’homme est décédé. Le souci c’est que l’airbag de la femme s’est déclenché au contraire de celui de son passager. Pourriez-vous venir nous aider à éclaircir les faits ?

-Bien sûr, répondit James qui était content car il s’ennuyait ces derniers temps.

-Merci, on vous attend. Ҫa s’est passé sur la nationale 10, au niveau de BUT.

-Je serai là dans vingt minutes.

-Ok. »

James se chaussa et passa un manteau puis se rendit à la hâte dans le garage. Il démarra en trombe et sortit dans la rue assez cavalièrement, manquant de renverser son voisin, qui ramassait son courrier.

21/11/2015 – Nationale 10, en face de BUT

Une fois arrivé sur les lieux, il put voir l’ampleur du désastre. La Ford avait percuté de plein fouet un arbre adjacent à la route. Le capot était complètement replié sur l’habitacle. En s’approchant il put effectivement voir que seul l’airbag de la conductrice s’était déployé. Peu de temps après, une dépanneuse emmena la voiture au laboratoire de police et le corps du jeune homme fut emporté par la morgue. Gorgel et James échangèrent leurs opinions respectives sur cette nouvelle affaire. Pour Gorgel, la femme avait trafiqué la voiture pour tuer son compagnon mais pour James, quelqu’un d’extérieur au couple avait voulu tuer le jeune homme en trafiquant l’airbag et les freins tout en laissant la jeune femme vivante. Il s’appuyait sur le fait que la réaction de la femme au moment d’apprendre que son mari était mort avait l’air parfaitement sincère mais ceci n’était encore qu’une hypothèse. Les deux acolytes rentrèrent ensemble au commissariat pour continuer d’enquêter.

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21/11/2015 – Commissariat de police, Vendôme

James et Gorgel allèrent au sous-sol du commissariat, là où se trouvait la morgue. Quand ils arrivèrent, l’autopsie avait déjà commencé depuis un quart d’heure. Le Dr Joineau avait commencé par faire des radios de tout le corps du jeune homme. Elle y avait décelé une entorse à la cheville droite et des côtes cassées dues au choc de la ceinture. L’entorse remontait à une semaine auparavant et était donc antérieure à l’accident. Gorgel et James quittèrent la morgue. Arrivés au bureau de Gorgel, ils consultèrent le rapport de la police technique :

« D’après ces rapports, c’est l’homme qui conduisait habituellement car les principales empreintes sur le volant lui appartiennent, commença Gorgel.

-La femme a dû prendre le volant car il avait une entorse, continua James.

-Probablement.

-Nous nous étions donc trompés, la femme était visée sauf que le tueur ne savait pas qu’elle prendrait le volant. Pouvons-nous voir les identités de la victime et de sa compagne ?

-Oui, bien sûr. »

Les deux hommes consultèrent les différents fichiers mis à leur disposition. L’homme s’appelait Stéphane Evira. Il était boulanger à St Ouen. Quant à Caroline Evira, elle était chirurgienne. Ils étaient mariés et avaient tous les deux trente-et-un ans. Gorgel et James partirent à la clinique de Caroline Evira.

21/11/2015 – Clinique St Cœur, Vendôme

Caroline Evira travaillait à la clinique St Cœur depuis plus de treize ans. Sa seule perte était un homme de quarante-huit ans atteint d’une malformation cardiaque. L’opération remontait à deux semaines seulement. Evira était appréciée de tout le personnel. Elle était considérée comme le meilleur médecin de la clinique. Tous furent sous le choc en apprenant la mort de son époux. Il était évident que le meurtrier ne se trouvait pas dans cette clinique. James rentra chez lui et le lieutenant Gorgel retourna au commissariat.

21/11/2015 – Domicile de James Fergusson

James poursuivit ses recherches dans son spacieux bureau. Il s’intéressait tout particulièrement à la famille de Robert Sparcet, l’homme de quarante-huit ans mort à la clinique. Ses parents étaient décédés. Il ne lui restait qu’une jeune sœur de quarante-trois ans se nommant Laure Sparcet. James chercha dans son passé et alla sur son compte Facebook. Elle y avait posté plusieurs messages traduisant une rancœur profonde envers Caroline Evira. Il allait envoyer un mail à Gorgel mais le téléphone sonna avant qu’il ne put prendre son ordinateur. C’était justement Gorgel qui l’appelait (quelle chance avait James, il devrait projeter d’envoyer un mail à la française des jeux !). James fit part de ses découvertes et Gorgel lui fit part des siennes (ou plutôt de celles de ses collègues). Ce dernier avait donc découvert que la femme avait emmené la voiture aujourd’hui accidentée chez un garagiste local la veille de l’accident soit pas plus tard qu’hier. James et Gorgel se donnèrent rendez-vous là-bas.

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22/11/2015 – Garage du Vendômois, Villiers

« Bonjour, Police Nationale. »

Quand James et Gorgel entrèrent dans le hangar principal du garage, Gorgel s’annonça mais le bâtiment était vide. Ils trouvèrent le garagiste dans son bureau en train de remplir une pile colossale de papiers.

« Bonjour messieurs, que puis-je faire pour vous ? demanda le garagiste.

-Bonjour monsieur, je suis de la police et voilà mon consultant, lui répondit Gorgel.

-Bonjour, je suis Mr Fergusson, nous venons vous posez des questions sur une voiture qui a été réparée ici-même hier soir.

-Sans problème monsieur, nous n’avons eu qu’une voiture à réparer hier.

-Etait-ce la voiture de Mme Evira ?

-Oui mais c’est mon employé, Jacques Paletier qui l’a réparée. D’après ce qu’il m’a dit c’était un simple problème d’airbag.

-Pouvons-nous lui parler ?

-Je suis désolé mais il n’est pas venu travailler ce matin. Il m’a appelé en disant qu’il était malade.

-Avez-vous son adresse ?

-Oui, je vous la note. »

Le garagiste tendit un bout de papier à Gorgel. L’adresse se trouvait à Oucques. Ils saluèrent le garagiste et allèrent directement à Oucques.

22/11/2015 – Domicile de Jacques Paletier, Oucques

James et Gorgel eurent beau sonner à la porte, ils n’obtinrent aucune réponse. Ils durent se résoudre à l’évidence, personne ne viendrait leur ouvrir. Ils firent le tour de la bâtisse et atterrirent dans un petit jardin. James jeta un coup dans la maison par la porte vitrée et vit Jacques Paletier à l’intérieur. Il n’essayait pas de s’enfuir. Il n’était pas non plus tranquillement assis sur son canapé. Il gisait sur le carrelage de son salon. Mort.

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L’équipe de la police scientifique arriva une vingtaine de minutes plus tard. Les techniciens firent des prélèvements dans toute la maison. Le médecin légiste emmena le corps à la morgue. James et Gorgel la suivirent.

22/11/2015 – Commissariat de police, Vendôme

A la morgue, le Dr Joineau décela rapidement la cause du décès. Paletier avait été tué par un calibre 38. Sans attendre le reste de l’examen James et Gorgel se rendirent dans le bureau de ce dernier :

« Qu’en pensez-vous James ?

- Il est probable que ce soit le meurtrier de Stéphane Evira qui l’ait tué pour la simple bonne raison qu’il en savait trop.

- Il est vrai que c’est l’hypothèse la plus plausible. »

Un collègue de Gorgel vint leur dirent que Laura Sparcet possédait un calibre 38. James et Gorgel partirent chez la femme.

22/11/2015 – Domicile de Laura Sparcet, Vendôme

Ils arrivèrent chez Mme Sparcet avec trois collègues. James lui demanda où était son arme. Elle lui indiqua un coffre dont la combinaison était 2.8.7.8.3.2. James saisit le code sur le clavier. Il prit l’arme, retira le chargeur. Il manquait une balle !

La sœur fut placée en garde-à-vue et l’arme mit dans un sachet plastique

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22/11/2015 – Commissariat de police, Vendôme

En salle d’interrogatoire, Laura Sparcet nia toute responsabilité dans le meurtre de Jacques Paletier. Elle n’arriva également pas à expliquer l’absence de la balle dans le chargeur de son révolver.

James partit dans les locaux de la police scientifique, où l’arme était examinée. Il se dirigea vers les deux experts qui travaillaient sur l’arme : l’ADN présent sur le pistolet et la scène de crime n’était pas celui de Laura Sparcet mais de quelqu’un de très proche comme un frère.

James retourna en salle d’interrogatoire et chuchota à l’oreille de Gorgel les dernières découvertes. Gorgel demanda alors à Mme Sparcet si son frère se portait bien :

« Il va très bien, lui répondit-elle puis elle réfléchit. Attendez comment connaissez-vous l’existence de mon frère ?

-Nous venons de l’apprendre, enchaîna James. Où loge-t-il ?

-Je crois qu’il serait préférable que je ne vous cache plus rien.

-Il est vrai que ce serait préférable.

-Il dort chez moi.

-Où était-il alors quand nous sommes arrivés ?

-Il est parti ce matin puis revenu puis reparti.

-Connaissait-il le code de votre coffre ?

-Oui.

-Où travaille-t-il ?

-Dans un garage à Villiers. Je crois que son patron s’appelle Jacques Paletier. »

Et ce fut la plus grosse surprise de la journée. Gorgel permit à Mme Sparcet de quitter le commissariat tout en restant en ville.

James et Gorgel échangèrent un regard indescriptible mais que tous les deux semblaient comprendre : ils avaient résolu l’affaire.

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23/11/2015 – Garage du Vendômois, Villiers

Le lendemain matin, James et Gorgel, épaulés de huit policiers, investirent le garage. Il était huit heures du matin et Mr Sparcet (Rémi de son prénom) accueillait déjà une cliente. A la vue des policiers, Rémi Sparcet s’enfuit. Quatre policiers s’élancèrent et n’eurent aucun mal à le rattraper. Ils le menottèrent tandis que Gorgel lui annonçait ses droits et les motifs de son arrestation.

23/11/2015 – Commissariat de police, Vendôme

Sparcet nia tout en bloc jusqu’au moment où Gorgel étala le dossier devant lui en lui mettant sous les yeux les multiples preuves. A leur vue, l’avocat de Sparcet lui conseilla de coopérer. C’est alors que Sparcet déballa tout : la haine envers Caroline Evira (il se servait du compte Facebook de sa sœur), son plan pour trafiquer la voiture, le meurtre de Jacques Paletier avec le revolver de sa sœur pour prendre temporairement la place de Paletier et enfin le moment où il apprit que toute l’opération avait échoué à cause d’une cheville foulée. Il fut écroué à Tours.

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28/11/2015 – Domicile de James Fergusson

Que de bons souvenirs que d’avoir mené sa mission à bien. Vivement la prochaine enquête ! C’est alors que le téléphone sonna. On lui demandait de se rendre à Brest pour une affaire très sombre : les parents d’un petit avaient été sauvagement assassinés !

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